La Silicon Valley Produit un Torrent d’Âneries et de Stupidités…

Cantine… vélo… récré… goûter…

Tout le monde commence comme nourrisson… et fait face plus ou moins aux obstacles de la vie d’enfant, puis d’adolescent, puis d’adulte…

La division des gens en catégories et groupes… en scientifiques, journalistes, créateurs d’entreprise, financiers, ou chômeurs… prend place petit à petit… jour après jour.

À l’âge de 10 ans, les enfants ont peu de différence en termes de niveau de vie… seules les conditions de leurs parents jouent.

Des différences de personnalités apparaissent peu après la naissance… entre les calmes, les observateurs, les hommes d’action, les créatifs, les rigolos, les fainéants, et les têtus…

Au fil du temps, des différences de comportement se retrouvent dans les façons de vivre… de s’occuper… et dans des différences d’objectifs. Les faits et les situations s’entremêlent avec les dispositions des gens… générant des commerciaux, des mathématiciens, des musiciens, des entrepreneurs, ou des banquiers…

Les différences de richesse se creusent au ralenti au début — la plupart des jeunes de 18 ans ont une balance de 0 euros dans leurs comptes en banque… Avec le temps, par contre, des différences commencent à s’observer… et ces différences prennent de plus en plus d’ampleur avec le temps…

Après 10 ou 20 ans… l’un se félicite d’avoir gagné 10.000 euros aux prud’hommes… ou s’enrage d’avoir à payer 20 euros de frais à sa banque. À l’opposé, Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, peut voir sa fortune grimper — ou baisser — de 10 milliards d’euros sur un an.

“Les petits ruisseaux font les grands fleuves,” comme dit le proverbe.

Des leçons, des attitudes, ou des expériences… faisant peu de différence aux circonstances de l’enfant de 10 ans… peuvent, 20 ou 30 ans plus tard, avoir un impact de taille sur sa vie…

La plupart des “MBA,” énarques, ou polytechniciens n’y comprennent rien…

Les écoles, les universités, et les formations promettent “d’apprendre” aux gens comment faire un métier ou un autre. Les écoles de cinéma apprennent à faire du film. Les facultés de droit ou de médecine sortent des avocats et des médecins. Les profs ont besoin de certificats et de diplômes.

Les milieux de la Silicon Valley ou de Wall Street regorgent du culte de l’intelligence et de la “compétence…” Ils donnent peu d’importance aux attitudes et aux expériences… Ils donnent de l’importance aux diplômes, aux titres, et aux CVs.

Ils se lancent derrière des projets et des idées… Ils regardent les diplômes et les “qualifications” de l’équipe… Ils pensent pouvoir réduire l’innovation et la création de richesse à une science…

Ils ont juste à miser sur des gens ayant la compétence, les diplômes, et les titres permettant d’exécuter un projet… Ils s’attendent à obtenir une récompense sans rien découvrir de nouveau.

Ils n’ont pas à obéir aux lois de l’économie…

Ils ont juste à savoir “vendre” leur idée aux investisseurs et aux financiers…

Ils cherchent les valorisations, et non les revenus et les profits…

En effet, même un imbécile peut arriver à faire marcher une entreprise…

Au contraire, quelqu’un d’intelligence peut gagner ses millions, ou ses milliards, en ayant une vision et une volonté… et le charisme de convaincre les autres de rejoindre son projet…

Les profits et les revenus font le bonheur du commun des gens…

…mais les visionnaires n’en ont rien à faire…

Leur génie vient de leur capacité à prédire le succès d’une idée… avant même son exécution…!

Les MBA, les diplômes de médecine ou de droit, les doctorats et les certificats, ne servent pas à apprendre…

Ils servent à se donner l’illusion de la connaissance… Ils promettent d’apprendre aux étudiants de “gérer une entreprise,” guérir une maladie, ou trancher sur la loi.

Ils promettent à l’étudiant d’avoir des réponses à toutes les situations… à toutes les questions…

Le processus de découverte, d’exploration, et d’innovation permettant aux entreprises de grandir peut se réduire à une liste de règles à respecter.

Après avoir obtenu leurs diplômes, ils peuvent se mettre au travail pour “améliorer” et “rectifier” la panoplie d’erreurs et de problèmes dans le monde — les faits du manque de savoir parmi le bas-peuple.

Une poudrière sur le point de sauter…

Les idées et la vision ont de la valeur…

Ils permettent d’ouvrir des portes à des innovations, de lancer des projets… et ils peuvent donner aux gens un objectif, un sens de l’importance de leur travail…

Ils peuvent fournir la motivation de surmonter un obstacle, ou de traverser une épreuve…

Par contre, les visionnaires peuvent aussi avoir tort… Ils peuvent se tromper.

Or, les idées ont des conséquences… Penser à l’invincibilité du bateau Titanic a fait des morts.

De même, monter une boîte et lancer un projet coûte des ressources… du temps, de l’argent, du talent…

Quelqu’un paye… En fin de compte, l’idée doit s’affronter à la réalité… Si l’idée ne fait pas gagner d’argent… si le projet demande trop de ressources et n’en génère pas assez… alors quelqu’un doit perdre de l’argent.

Les financiers de Wall Street et de la Silicon Valley s’inquiètent peu des demandes d’argent…

Pour eux, l’argent coule à flots. Ils ont la possibilité de trouver de l’argent pour une panoplie de projets et d’idées… Ils ont juste à afficher leurs diplômes et leurs certifications…

À terme, l’attention aux revenus et aux profits disparaît… Les valuations n’en dépendent pas. Les idées, et non les dollars, font la loi dans les régions de San Francisco ou de Manhattan.

Tôt ou tard, l’inévitable va se produire. Le jeu va leur exploser dans la figure.

Que faire…?

L’envolée des valuations sur la Silicon Valley rejoint les efforts de la Fed et de la BCE pour “stimuler” l’économie…

Wall Street, La Défense, et la City de Londres ont accès à des puits de fonds sans limites…

Pour conjurer des milliards d’euros, ils ont juste à y trouver une destination.

La plupart des entreprises génèrent des profits et des revenus… et ils ne veulent pas de l’argent de Wall Street.

Même une dette à taux de 4 ou 5% représente de l’argent à rembourser.

Les pionniers de la Silicon Valley, par contre, produisent des “start-ups” en besoin de fonds 7 jours sur 7.

Le mariage entre les visionnaires de San Francisco, et les financiers de Wall Street, profite à tout le monde… pour le moment.

À suivre…

Sincèrement,

Henri Bonner

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