Retour au Moyen-Âge…

À quoi sert-il d’écrire?

Comme le dit le fameux poète français, Jean Cocteau:

“Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture.”

Qu’est-ce qu’il signifie par là?

Je n’en suis pas certain.

En tout cas, si vous avez déjà essayé de vous “forcer” à écrire ou même à parler, vous savez peut-être qu’il peut être difficile… au début…

Mais que vous finissez en général par dire quelque chose quand il faut.

En général, vous y parvenez si bien que mal.

Mais plus vous attendez, et plus la tâche devient compliquée. Autant s’y lancer tout de suite.

Bref, si bien que mal, vous arrivez en général à vous en sortir… lorsque vous avez le dos contre le mur… mais peut-être pas avant…

En tout cas, lorsqu’une situation est physiquement intolérable, nous avons tendance à y trouver une solution…

Mais lorsque nous pouvons éviter de résoudre un problème, nous le laissons parfois traîner.

Et parfois, une situation simple devient nettement plus compliquée avec le temps…

Éviter d’Affronter l’Inévitable: Voilà Le Véritable Rôle de l’État

Partout, dans tous les domaines, nous sommes souvent face à des situations que nous devons régler… des mariages, des relations, des entreprises… en général, lorsque “quelque chose ne va pas,” alors on doit changer…

Tôt ou tard, quelque chose craque…

En général, plus cela se produit tôt, mieux c’est…

Mais dans l’économie comme dans la vie privée, certains ont tout intérêt à empêcher que l’inévitable ne se produise… que vous ayez une entreprise vouée à la faillite… ou un système tout entier vivant au-delà de ses moyens…

Tôt ou tard, quelque chose plante… et les résultats peuvent être monstrueux.

Voilà pourquoi les “crises” sont un aspect désagréable, mais nécessaire, de l’économie dans laquelle nous vivons… Sans les crises, les faillites, et les échecs, vous perpétuez tout ce qui ne marche pas… ce qui est inefficace… et ce qui détruit la valeur.

Lorsque les mauvaises entreprises ne peuvent pas échouer, ils absorbent inévitablement de plus en plus de ressources et d’énergie… jusqu’à ce que le reste de l’économie suffoque.

Mais pourtant, l’État a tout intérêt à perpétuer les entreprises non-viables…

Pourquoi?

Parce qu’une entreprise qui produit réellement de la valeur n’a pas besoin d’eux.

Pensez À Tous les Bureaucrates, les Politiciens, et les Énarques Dont le Rôle Est Simplement d’Empêcher À L’Économie de Prendre Son Cours…

Lorsque vous avez des produits en demande, et que vous avez des clients qui vous payent un prix correct, vous n’avez pas besoin des autorités.

Au contraire, vous souhaitez que l’État intervienne le moins possible. Vous souhaitez qu’ils vous laissent tranquille.

Vous demandez l’aide de l’État seulement lorsque vos produits ne sont plus en demande, ou que vos prix ne sont plus compétitifs.

Alors, vous avez besoin des autorités pour empêcher le changement:

Pour vous subventionner ou vous protéger de vos compétiteurs.

Bien sûr, l’État ne peut pas réellement vous faire devenir rentable.

Il peut seulement créer une bulle dans laquelle vous n’êtes pas confronté au monde réel.

Cela vous fait peut-être penser au sauvetage des banques en 2008, ou aux programmes pour sauver les usines comme Alstom ou Whirlpool…

Mais la vérité est que ces interventions ont commencé bien avant…

Par exemple, déjà sous l’Ancien Régime, le gouvernement avait instauré un grand nombre de mesures et de taxes afin de contrôler les prix des denrées alimentaires… en particulier le pain.

Comme l’explique l’historien Steven L. Kaplan de l’Université de Cornell, l’État intervenait par exemple en empêchant aux agriculteurs de choisir librement ce qu’ils produisaient…

Lorsque le prix du vin rendait la production de raisin intéressante, l’État les obligeait à continuer de produire du blé, pour que le prix de la farine reste faible.

Le Contrôleur-général des finances, Jacques Turgot, avait fait passer un décret en 1774, “l’Édit Turgot,” interdisant de fixer le prix du pain et du blé…

Mais la pratique de fixer les prix était bien ancrée… si bien que de nombreux dirigeants locaux ont continué à réquisitionner le blé aux paysans à prix fixe, puis le revendre à la population.

Paris, aussi, disposait d’une exception à la règle… permettant de fixer un plafond sur les prix à l’intérieur de la ville.

Bien sûr, les paysans croulaient sous le poids des règles et taxes diverses.

La région du Limousin, une région agricole, était particulièrement réputée pour la pauvreté extrême…

Honoré-Gabriel de Maribeau, dans ses Observations sur la province du Limousin, montre le problème de sur-taxation dans le Limousin…

“…l’impôt est établi en Limousin, sur le pied excessif de 50% du produit total des fonds, et de 81% du revenu des propriétaires , et [il] est dans une proportion beaucoup plus forte que dans aucune partie de l’état.

“… Un autre abus incroyable… est une taxe énorme que supporte le Limousin seul, sous le prétexte d’un soulagement accordé à la ville de Marseille, après le fléau de la peste qu’elle essuya. Toutes les provinces ont été déchargées de cet impôt ; le Limousin seul le paye encore et c’est une surcharge de 100.000 écus, depuis l’année 1720.‎”

Un autre observateur, l’historien Hippolyte Taine, nota que les paysans de la région du Limousin utilisaient toujours les mêmes types d’outils pour labourer leurs champs qu’à l’époque gallo-romaine.

Ce Système Ne Permet Pas “La Réforme.”

Le gouvernement de l’Ancien Régime a brièvement tenté de libéraliser le commerce du grain après 1774… mais la tentative de réforme n’a pas duré longtemps…

Presque tout le gouvernement y était opposé… ainsi qu’une grande partie de la population générale.

En plus, en 1775, après la libéralisation des marchés du blé, le prix du pain a commencé à grimper, et la quantité disponible à baisser.

Bien sûr: Sans le contrôle des prix, certains commerçants et agriculteurs avaient maintenant intérêt à stocker du blé en réserve, espérant que le prix augmenterait à l’avenir…

Mais la population des villes, en particulier, étaient très opposés: Ils voyaient les prix grimper!

En plus de cela, un grand nombre de gens haut-placés profitaient de ce système d’impôts sur le gain.

En particulier, la Ferme Générale s’occupait de récolter les impôts pour l’État.

Un groupe privé, il avait 42 branches réparties à travers le pays, et employait 25 000 agents. Son Quartier Général, à Paris, employait 700 personnes.

Bref, certains acteurs puissants bénéficiaient de privilèges ou de droits spéciaux défendus par l’État… et les paysans des régions pauvres n’avaient, eux, aucun pouvoir politique.

Leurs récoltes étaient faciles à exproprier… et leur dépendance sur la terre leur donnait peu de liberté de mouvement.

En menaçant de remettre en cause le système de privilèges et de droits, l’idée de réformer le commerce du grain était très impopulaire…

En plus, deux ans plus tard, dans l’Édit de 1776, le gouvernement de Turgot a essayé d’éliminer un autre système similaire à celui de la taxation…

Dans ce deuxième Édit, ils retiraient les restrictions qui empêchaient au Français ordinaire de choisir le métier qu’il préférait.

Avant cet Édti, le gouvernement donnait des droits spéciaux à des “corporations,” qui avaient le droit d’autoriser l’exercice d’un métier particulier.

120 corporations différentes disposaient de leurs règles et lois spécifiques… limitant le nombre de personnes qui pouvaient exercer un métier, et faisant payer des frais d’autorisation pour en obtenir le droit.

Dans son préambule, l’Édit de 1776 annonçait que:

“Il sera libre à toutes personnes, de quelque qualité et condition qu’elles soient, même à tous étrangers, encore qu’ils n’eussent point obtenu de nous des lettres de naturalité, d’embrasser et d’exercer dans tout notre royaume, et nommément dans notre bonne ville de Paris, telle espèce de commerce et telle profession d’arts et métiers que bon leur semblera.”

L’Édit de 1776 contrariait toute une catégorie de gens, similaires aux collecteurs d’impôts, qui bénéficiaient de statuts et droits spéciaux.

Sous la pression politique d’une partie du public, ainsi que de milliers de nobles, de fonctionnaires, et de membres du gouvernement, l’État a finalement décidé de renoncer au programme de libéralisation, en demandant à Turgot de démissionner cette même année.

Finalement, lorsqu’un gel a frappé en 1788, les réserves de blé manquaient fortement… avec des prix contrôlés, les paysans avaient peu intérêt à faire des stocks de grains, ou à investir dans leur production.

Mais En Fait: Pourquoi Est-ce Que L’État fait Tout Cela?

Pourquoi est-ce qu’il ne laisse pas faire les choses?

Pourquoi essaie-t-il de “résoudre” les problèmes de ses sujets, ou de ses électeurs?

Sautons tout de suite à la conclusion:

La fonction de l’État et toujours d’enrichir une minorité, aux dépens de l’homme moyen…

Un gouvernement a toujours ses gagnants (comme le citoyen urbain sous l’Ancien Régime), et ses perdants (comme le paysan forcé de vendre à bas prix).

Mais, tôt ou tard, la catastrophe frappe…

Notre objectif ici est de comprendre comment nous protéger, et même prospérer, alors que “tout fout le camp.”

À suivre…

Sincèrement,

Henri Bonner

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