Note d’Un Collègue Sur Les Actions de Facebook et Autres….

Vous avez peut-être regardé le débat présidentiel hier soir… Comme prévu, les médias s’empressent de couronner Macron, leur candidat préféré, comme vainqueur…

Nous verrons comment se passent les élections dans quelques jours… Est-ce que le candidat “mainstream” gagnera…? Ou est-ce que son rival arrivera à faire ce que personne n’anticipe…?

Emmanuel Macron, un ancien banquier de chez Rothschild, annonce qu’il veut “éradiquer la colère dont le Front National se nourrit.”
Nous n’allons pas chercher à comprendre ce que cela veut dire… Comment peut-on “éradiquer” un sentiment?

Passons à autre chose: l’argent…

Aujourd’hui, nous découvrons quelques informations sur certaines des plus grandes entreprises internationales…

Facebook est en baisse dans les marchés, parce que les actionnaires craignent le ralentissement de sa croissance…

Le magasin français Tati est mis en redressement…

Puerto Rico, un territoire américain dans les Caraïbes, vient de déclarer faillite…

Tesla, le célèbre fabriquant de voitures électriques, produit des pertes de plus en plus grandes (mais les actionnaires tiennent bon)…

Shell réussit à dégager des profits massifs malgré le prix du pétrole bas…

Et deux grandes entreprises françaises, LVMH et Veolia, sont en train de faire un carton dans les marchés-actions…

Sauf en temps de crise sévère, rien n’est jamais tout blanc ou tout noir dans les marchés… Vous devez creuser afin d’en trouver le sens…

Ce que nous voyons presque certainement de nos jours, c’est que certaines des plus grandes entreprises de la technologie, les grands gagnants de ces dernières années, sont en train de ralentir leur croissance.

Pour vous montrer ce que je veux dire, regardez Facebook:

Le prix de ses actions ont baissé dans les marchés, alors que l’entreprise de réseau social a augmenté ses revenus de 49% sur un an, et touche presque les 2 milliards d’utilisateurs.

Facebook a perdu 0,64% dans le marché depuis la publication des données.

Pourquoi?

Facebook, comme un grand nombre d’entreprises dans la technologie, possède une valorisation en bourse très élevée par rapport à ses revenus.

Pour Facebook, sa cotation en bourse s’élève à $430 milliards, avec un revenu net en 2016 estimé à $10,2 milliards. En d’autres termes, vous devriez attendre 40 ans pour que les profits remboursent le prix d’achat de l’entreprise (sans considérer les impôts).

Pour rappel, les actions s’échangent, sur le S&P 500, avec un ratio moyen entre profits et cotations de 25,26.

En termes historiques, ce niveau est très élevé: la moyenne au cours des 100 dernières années est de 15,6. Nous avons connu des pics bien plus élevés lors de la bulle internet de 2000, et la bulle immobilière qui a éclaté en 2008.

Mis à part ces exceptions, ce ratio monte rarement au-dessus des 20 fois sans redescendre rapidement après.

Cela veut dire que les actionnaires dans les marchés s’attendent à une croissance des revenus bien plus élevée que d’habitude.

Ils sont en train de parier sur un grand “boom” économique dans les prochains mois et années.

Lorsque Facebook, même avec une bonne croissance, a déçu les attentes, son prix en bourse a baissé.

L’ancien stratégiste en chef de chez Merrill Lynch, David Rosenberg, a récemment fait une prédiction assez surprenante sur le marché haussier…

Si vous ne connaissez pas Rosenberg, sachez que c’est un économiste proéminent sur Wall Street… non seulement il était le Conseil-en-Chef pour l’une des premières banques américaines, mais il a également reçu le prix du “U.S. Institutional Investor All-America All Star Team…”

Pour les économistes travaillant sur Wall Street, il fait parti d’un petit groupe reconnu comme étant les meilleurs.

C’est un peu comme s’il avait reçu le prix Nobel pour les investisseurs professionnels.

Bref, Rosenberg a attiré notre attention dernièrement avec une prédiction qui a dû faire sursauter un grand nombre d’anciens collègues…

En passant sur CNBC, l’une des premières chaînes nationales américaines, il a révélé un contraste bizarre qu’il observe entre le marché-actions et le marché créancier (où s’échangent les 2 000 milliards d’euros de dettes françaises, et celles des autres pays).

Regardez ce qu’il a dit à ce propos:

“D’un côté, nous avons le marché-actions  qui prédisent une croissance économique à double chiffres, et de l’autre, nous avons le marché créancier où les obligations du Trésor à maturité dans 10 ans s’échangent à 2,3% d’intérêts.

“[Le marché créancier] est en train de signaler un scénario de faiblesse pour la croissance économique.”

Rosenberg a, entre autres, conseillé aux investisseurs de se positionner dans les marchés créanciers en 2010.

Certaines obligations étatiques françaises ont grimpé de 23% ou plus depuis lors…

Ce n’est peut-être pas le retour de 75% en 5 ans que vous auriez eu sur le CAC 40…

Mais c’est un retour décent tout de même…

Rosenberg, à l’heure actuelle, croit que le marché créancier, et non le marché-actions, prédit correctement l’avenir économique.

Comme le dit Rosenberg:

“C’est le marché créancier qui prend réellement en compte les faits sur le terrain.

“Les faits sont les suivants:

“La croissance annuelle du PIB [des États-Unis] est bloquée en-dessous des 4,9% par an.

“Or, nous n’avions jamais connu, depuis la Seconde guerre mondiale, de croissance annuelle bloquée à moins de 5%. Mais c’est la situation en cours depuis 2 ans.”

Alors… Devriez-vous vendre toutes vos actions en bourse?

Non, disent certains de nos collègues américains…

Dans un message partagé par un collègue situé près de Jacksonville, en Floride, l’un d’eux explique que nous pourrions encore voir doubler les prix des actions en bourse, avant qu’ils ne commencent à rechuter…

Dans tous les cas d’une manie pour les actions, la hausse avant la chute est concentrée dans une durée de 6 à 18 mois, pendant lesquels les actions peuvent doubler ou tripler…

Nous avons vu ce comportement en 2008, en 2000, et sur le marché de Tokyo en 1989, ainsi que sur Wall Street avant la crise de 1929.

En 5 ans, le CAC 40 a grimpé de 75%… un retour impressionnant, mais…

Lorsque la “bulle” sera prête à exploser, nous aurons vu des gains de 100% ou 200% en moins de deux ans… ce qui ne s’est pas encore produit.

Bref, ce marché haussier, même si les signes d’une manie sont là, pourrait encore durer quelques années avant de s’écrouler.

Que faire en attendant?

Une partie de ce que nous faisons, en tant que boîte d’analyse, est de rechercher des opportunités particulières dans les actions et les créances…

Étant donné que nous venons de lancer cette lettre, nous n’avons pas encore plongé dans des opportunités de ce genre… mais gardez l’oeil ouvert pour plus d’informations venant de nous à ce sujet…

Même si ce marché est voué à partir à la baisse tôt ou tard… nous pourrions bien dénicher des opportunités spécifiques qui seraient attractives malgré tout.

À suivre..

Sincèrement,

Henri Bonner

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