Nos Éditeurs Se Présentent

Henri Bonner, rédacteur et éditeur, La Lettre de Henri Bonner (notre quotidien gratuit):

Bonjour, je m’appelle Henri Bonner. J’écris notre quotidien gratuit disponible au grand public, parlant de sujets économiques et financiers. J’ai fait des études de physique aux États-Unis avant d’être employé par une boîte spécialisée dans le financement de projets d’exploration minière, en Californie. Après plusieurs années passées dans la finance à étudier les comptes d’entreprises, des projets d’exploration, et à parler avec des entrepreneurs du secteur des matières premières, j’ai rejoint Vauban Éditions au moment de sa création en 2016. Je me sers de mon expertise dans le domaine financier, et de ses opinions personnelles, afin de publier tous les jours de la semaine un quotidien présentant les nouvelles critiques du jour sur le plan financier et économique.

Philippe Herlin, rédacteur et éditeur, La Lettre Stratégie et Conseil (mensuel disponible pour les abonnés payant):

Après un DEUG de Sciences économiques suivi d’une Licence puis d’une Maîtrise d’économétrie à Paris X Nanterre, je décide de changer d’université, pour découvrir d’autres enseignants et un nouvel environnement. Je suis sélectionné dans le DEA 106 dirigé par Joël Métais à Paris-Dauphine pour l’année 1990-1991.

C’est à ce moment que je découvre les écrits de Benoît Mandelbrot, son ouvrage sur les fractales (Les objets fractals), et celui consacré à la finance (Fractales, hasard et finance), qui n’est qu’un recueil d’articles, assez fouillis et disparate, mais dont la lecture s’avère passionnante.

Au-delà des circonstances et des hasards de la vie, qu’est-ce qui a pu m’amener à découvrir Mandelbrot ? Je me suis toujours passionné pour l’économie, mais je n’ai jamais été totalement convaincu par les différentes théories. Même si j’ai toujours été libéral, la théorie néoclassique, que je découvre en première année d’université, me laisse perplexe. Plutôt que de passer d’une théorie à l’autre, ou d’en panacher plusieurs, j’ai toujours eu l’intuition qu’il fallait penser autrement. A l’époque je lisais beaucoup de livres de vulgarisation sur la physique quantique et la relativité, des théories qui impliquent de penser complètement différemment que dans le cadre newtonien. J’ai compris progressivement que les fractales pouvaient être cet outil en économie.

J’avais aussi découvert le concept d’entropie dans L’économique et le vivant de René Passet, publié en 1979, qui permet de penser la notion d’organisation. Ce concept étant également directement relié à la théorie de l’information de Shannon et Weaver, une mine de réflexions pour le champ de l’économie !

Je me dis donc, au cours du DEA, que j’aimerais bien travailler plus en avant dans cette direction. Je commence par faire un de mes trois mémoires sur la notion d’entropie, il suscite l’étonnement complet du professeur, qui me met un 10/20, façon de ne pas choisir… Je continue avec une thèse, que je fais sans être boursier, à côté de mes activités professionnelles. J’axe mon travail sur les économies d’échelle, que j’explique pas la notion d’entropie, tout en parlant de la dimension fractale des cours de bourse, et en remettant en cause la notion de valeur fondamentale.

Le travail avance, plutôt lentement (je n’y travaille pas à temps plein), et je mets le point final à un document d’une soixantaine de pages en novembre 1998. Mon souhait de le présenter comme thèse de doctorat se heurte à l’impossibilité qui est la mienne de constituer un jury. D’un côté j’ai du mal m’y prendre, n’étant pas dans le « circuit » (boursier, chargé d’enseignement, etc.), j’avais peu de contacts. D’un autre côté, quasiment personne ne connaissait les travaux de Mandelbrot en économie à cette époque. C’est uniquement lorsqu’il fera paraître Une approche fractale des marchés en 2005 en France (en 2004 aux Etats-Unis), puis après Le Cygne noir de Nassim Nicholas Taleb en 2007 que ces idées accéderont à la célébrité. Je décide alors à cette époque de garder ce document « sous le coude » en attendant de trouver la possibilité de le diffuser, sous une forme ou sous une autre.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette latence aussi longue ? En fait, je me suis rendu compte par la suite que mon travail était beaucoup trop théorique, c’était presque une réflexion philosophique sur l’économie, quasiment pas reliée à l’économie « réelle », à l’actualité. Je m’intéresse depuis toujours à l’actualité économique et financière, mais je n’avais pas fait la « connexion » avec mes recherches. Mais cela allait changer avec la crise des subprimes.

Début juillet 2008, mon contrat professionnel en cours s’arrête, j’ai donc du temps devant moi. La crise des subprimes date déjà d’environ un an, mais cela ne fait pas la une des journaux, et le « krach » n’a pas eu lieu. Je re-rédige complètement ma thèse, en supprimant la notion d’économies d’échelle qui obscurcissait la démonstration. Puis, début septembre, je l’envoie à une quarantaine professeurs et de laboratoires de recherche de finance, à l’université et dans de grandes écoles, ainsi qu’à quelques associations liées à la finance. C’est un peu une bouteille à la mer, mais qui tombe bien, puisqu’avec la faillite de Lehman Brothers  le 15 septembre 2008, la planète finance tremble sur ses bases, les certitudes s’écroulent, les analyses novatrices ont leur chance ! Le Club Finance HEC, dirigé par Bernard Marois, me répond quasi immédiatement, pour publier in-extenso mon document à l’attention de ses adhérents ! Pour le reste, je n’obtiens quasiment aucune réponse…

C’est à ce moment que tout démarre (enfin !) grâce à cette publication prestigieuse. J’envoie ce document à plusieurs journaux économiques et j’arrive finalement à placer une tribune dans l’édition papier des Echos le 5 janvier 2009 (Les fondements erronés de la finance). Je publie ensuite Le rôle de la fair value dans la crise dans La Tribune du 22 janvier 2009, puis deux articles dans ces deux quotidiens (La Tribune, Les Echos) le 5 février 2009 à l’occasion de la ressortie de l’ouvrage phare de Benoît Mandelbrot, Une approche fractale des marchés.

Ensuite, par l’intermédiaire de Bernard Marois (pdt du Club Finance HEC), je rencontre le Professeur Denis Dubois en avril 2009 et nous discutons d’un cours de finance qui ferait une place aux analyses de Mandelbrot et Taleb. Nous nous mettons d’accord et, immédiatement, je conçois la préparation de mon cours comme le projet d’un livre que j’essaierai de publier. Je rencontre les éditions Eyrolles début juillet et le projet est lancé en septembre. Je rédige entre octobre et décembre, et Finance : le nouveau paradigme sort en avril 2010. Toujours courant avril 2010, je propose à Eyrolles un livre sur la dette publique, un sujet d’actualité (nous sommes au moment du premier plan d’aide à la Grèce, qui interviendra en mai), ce sera France, la faillite ? qui sort en septembre de la même année. Le 12 avril 2011, Finance : le nouveau paradigme obtient le Prix spécial du jury du Prix Turgot, l’une des plus hautes distinctions pour un livre d’économie. Le prix est remis à Bercy par Christine Lagarde, ministre de l’économie.

Finance : le nouveau paradigme se consacre uniquement à la présentation des théories de Mandelbrot et Taleb, mais je n’ai pas parlé de mes analyses plus personnelles, ou d’autres approches qui n’auraient pas été « validées » par ces deux théoriciens. C’est ce que je vais m’attacher à faire dans Repenser l’économie, qui reprend donc quasi intégralement mon ouvrage précédent, et rajoute plusieurs éléments se rattachant à un « monde régit par les lois de puissance » : entropie, remise en cause de la valeur fondamentale, théorie de la proportion diagonale, réflexivité, systèmes critiques auto-organisés, concurrence des monnaies. Les deux premiers avaient été développés dans ma thèse non-soutenue de Dauphine, les suivants proviennent de découvertes et de lectures.

La question de la monnaie me taraudant de plus en plus, je propose dans le même temps à mon éditeur de faire un guide pratique sur l’or (L’or, un placement d’avenir), ainsi qu’une deuxième édition de France, la faillite ? La rédaction commence en mai et se termine en décembre 2011, les trois livres sortent en mars 2012 (Repenser l’économie, L’Or, un placement d’avenir et la 2e édition de France, la faillite ?) !

Le 19 décembre 2012, j’obtiens ma thèse de doctorat au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers), qui vient enfin clore un travail mis de côté à l’époque à Dauphine en 1998.

Je publie ensuite le premier livre en langue française sur le bitcoin, la monnaie numérique, en mai 2013 : La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires, toujours chez Eyrolles. C’est ce livre qui me vaut le plus de couverture média, il est vrai qu’à l’époque je suis l’un des seuls en France à pouvoir parler du sujet.

Mon dernier ouvrage concerne l’ubérisation des banques, il sort en février 2015 : Apple, Bitcoin, Paypal, Google, La fin des banques ? et c’est le premier à aborder le sujet en France.

Je suis donc plutôt précurseurs sur les sujets que je couvre : Mandelbrot (et donc le Cygne noir de Taleb) avant que tout le monde en parle quand je commence ma thèse à Dauphine, puis mon livre Finance : le nouveau paradigme qui accompagne cette découverte en avril 2010. Ensuite la question de la dette publique avec France, la faillite ? qui sort à un moment où le sujet émerge dans l’opinion, en septembre 2010 pour la 1ère édition. Ensuite, en 2012, je publie un livre sur l’or, un sujet rarement couvert par les économistes (souvent méprisé même). Puis en 2013 le premier en France sur le bitcoin. Et en 2015 le premier, ou l’un des touts premiers, livre en France sur l’ubérisation des banques.

Chronologie de mes livres :

Finance : le nouveau paradigme avril 2010

France, la faillite ? 1ère édition septembre 2010

Repenser l’économie février 2012

L’Or, un placement d’avenir mars 2012

France, la faillite ? 2e édition mars 2012

La Révolution du bitcoin mai 2013

La fin des banques ? février 2015





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