Maison Vide…

Dans nos moments les plus aigris… nous trouvons parfois du répit inattendu… nous donnons du sens aux choses… nous arrivons à mettre un peu de paix dans notre esprit.

Nous arrivons malgré tout à atterrir sur le sol ferme… même si nous croyions la gravité disparue.

Nous planons parfois loin de la terre, des gens, des choses… puis nous devenons tout aussi enlacés que tout le monde. Nous retrouvons le souci et le réel…

Nous retrouvons des sensations et des pensées presque disparues… et des idées presque éteintes.

Nous digérons mal la nouveauté, le changement… nous aimons les situations que nous connaissons… que nous comprenons.

Nous aimons les voix familières et les visages connus… et notre façon de vivre repose sur peu de choses… sur des attitudes… ou même sur des tournures de phrase.

Nous étions encore récemment un étudiant… et nous avons obtenu un diplôme en physiques… dans une université américaine…

Nous avions un train de vie différent de la plupart… nous n’étions pas souvent dans les fêtes… ni impliqué dans la vie étudiante… nous restions plutôt à part.

Nous préférions rester proche du familier… de ce que nous connaissions…

Nous n’avions pas peur… mais nous étions intéressés par autre chose… nous ne vivions pas dans l’action… ni dans les faits…

Nous vivions dans le rêve… dans la pensée… dans l’attente… et non dans les actes.

Certains sont ainsi…

Notre mode de vie éveillait une certaine curiosité chez les autres… peut-être car nous semblions si détachés…

Nous avions parfois des remords… parce que nous avions gâché une certaine opportunité…

Nous n’avions pas suivi le cours des choses… nous n’avions pas plongé dans le bain comme les autres… nous avions l’impression d’avoir loupé le train…

En fin de compte, nous avions fait un choix… nous avions pris une décision importante… sans même s’en apercevoir…

Nous avions fait un choix sur nous-même… sur nos intérêts… sur notre rapport avec le monde.

Quelques années plus tard, lorsque nous vivions en Californie, nous avons tenté de changer de peau… de changer de direction… d’avoir une autre attitude… d’avoir un autre rêve.

Bien sûr, nous ne fonctionnons pas de cette manière… nous ne pouvons pas nous choisir… du moins, pas entièrement.

Oui, nous sommes peut-être piégés… mais nous trouvons parfois que notre prison peut être un palais…

Nous étions ces derniers jours dans notre ancienne maison… un château dans la région du Limousin…

Nous avions 20 invités, venus d’Australie, d’Angleterre, d’Afrique du Sud, de Finlande, de France, et des États-Unis…

Bien sûr, nous étions appréhensif au début… Nous connaissions moins de la moitié des invités…

Nous avons préparé des boissons, et installé des bûches près d’un étang situé à l’arrière du château…

Avec du rosé, du champagne, un feu de camp… et quelques chansons du groupe “Girls” jouées sur une vieille guitare acoustique de mon père… nous étions soudainement dans une atmosphère de fête… de rires… et de bonne humeur.

Nous écrivons cette lettre quotidienne pour parler d’économie… de l’argent…

Nous l’utilisons aussi pour faire un récit de nos expériences… de nos déplacements… de nos pensées…

Nous essayons de parler comme si nous l’adressions à nos proches…

Nous trouvons plus facile… plus naturel… de réfléchir de cette manière…

Nous avons l’impression d’aller plus rapidement au plus important.

Pourtant, nous parlons de choses banales…

Vous voyez, lorsque nous sommes obligés de parler… d’écrire… nous vivons bien dans les faits… dans les actes… dans le réel…

Nous lâchons les théories et les rêves comme des boulets trop lourds…

Sous les étoiles brillantes, nous avons repensé aux paroles du musicien Tom Waits…

“Une maison prend sa force non pas des toitures et des portes… Une maison où se trouve de l’amour est un palais… Mais sans amour, une maison n’est rien qu’une baraque abandonnée, dans laquelle personne ne vit.”

Nous pensons que nous aurions dû la jouer…

Nous reprenons bientôt la route pour Baltimore… plus de nouvelles à venir sur ce front… et dans quelques semaines nous irons à Londres.

Tout reste calme…

Dans les marchés… et dans la finance… tout est silencieux… rien ne bouge… rien à déclarer…

…pour le moment en tout cas.

À suivre…

Sincèrement,

Henri Bonner

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