Comment Investir dans le Secteur de l’Or en Échappant au Problème #1 des Miniers

Après des études de physiques, un financier à San Diego m’a embauché comme courtier en bourse…

La boîte en question s’occupait des actions dans le secteur de l’or… en particulier les “micro-caps.”

Les géants du secteur — comme Barrick, BHP, ou Goldcorp — bénéficient déjà de l’attention des banques d’affaires et des financiers de Wall Street… Du coup, les valorisations ont tendance à peu fluctuer. En plus, ils ont l’accès aux liquidités Wall Street ou Londres.

Pour la spéculation dans le secteur, les micro-caps — les “petits” de moins de $500 millions en valorisation — offrent plus de potentiel… Sans avoir les faisceaux de Wall Street sur eux, la compétition pour investir dans les opportunités s’allège. En plus, ils ont besoin d’argent… et peu de gens ont le savoir ou les connections pour participer à leur financement.

Du coup, un spéculateur avec une connaissance des minerais, en particulier l’or, peut trouver un terrain de chasse dans les micro-caps.

Mon employeur avait fait le maximum pour mettre la chance de son côté… en embauchant un géologue de chez Barrick… des ingénieurs en exploration… et des spécialistes du pétrole (pour suivre les opportunités dans le domaine)…

Mon diplôme de physiques, et mes entretiens avec lui, l’ont convaincu de me donner un poste… même sans connaissance de la géologie, de l’or, ni du pétrole.

Mes trois ans sur place à San Diego m’ont appris la méfiance vis-à-vis des vendeurs de poudre de perlinpinpin — nombre de gens dans le secteur de la finance en font partie.

Pourquoi les “commodités” — pétrole, or, et autres — ont décroché depuis 2012…

De 2012 à 2015, l’équipe de mon employeur et moi avons suivi les opportunités dans les micro-caps en minerais — dans l’or, l’argent, le platine et le palladium, l’uranium, le cuivre, et le pétrole…

Malgré les certifications et la connaissance du groupe dans le domaine, nous voyions les investissements chuter les uns après les autres…

Dès le début de mon mandat, l’or a commencé à chuter… l’uranium a suivi peu de temps après à cause du désastre de Fukushima… la plupart des métaux — le cuivre, le platine, et le palladium — ont chuté de même.

Au début des années 2000, l’or et les métaux avaient commencé à exploser en valeur. Après 20 ans de prix au ras-du-sol — durant les années 80 et 90 — pour les métaux, le secteur avait décroché…

Personne ne voulait investir dans des mines ou les projets d’exploration. Avec la chute des prix des métaux, le jeu n’en valait plus la chandelle.

Puis, au début des années 2000, les marchés des métaux ont commencé à se réveiller en masse… Le manque d’investissement avait coupé à court la quantité de métaux sur le marché.

De même, le pétrole avait reçu peu d’investissement au cours des années 90… et le prix du baril a commencé à décoller par manque d’offre et une croissance de la demande.

Les médias et les marchés ont vu les prix des métaux et du pétrole faire des bonds… La théorie du “peak oil” — l’atteinte du maximum de production de pétrole par jour — a fait son apparition.

Tout du long, la hausse des prix a eu un impact sur les marchés… Les financiers ont recommencé à investir…!

Les mineurs, et les pétroliers ont cessé de faire la manche pour obtenir des sous… Ils recevaient maintenant à fond le soutien des spéculateurs et financiers.

Les marchés ont donnés des centaines de milliards de dollars aux mineurs et aux pétroliers… les encourageant à forer des puits… à trouver des gisements… et à développer des exploitations.

Avec la hausse des prix, des dizaines de projets — dans l’or et autres — ont commencé à attirer l’attention des marchés…

Un gisement avait pu coûter trop cher à exploiter avec l’or à $200 l’once, son prix de 2001…

Par contre, avec l’or s’approchant des $2,000 l’once en 2011, ces gisements pouvaient recevoir un financement pour leur exploitation…

De même, les pétroliers ont répondu avec des recherches de pétrole dans les océans — le “off-shore” –, dans les roches de schiste (nécessitant davantage d’investissement), et dans les sables à bitumen du Canada… En plus, l’Arabie Saoudite et autres ont investi pour accroître la production de leurs puits au Moyen-Orient…

Bref, la production de métaux comme l’or ou l’uranium, et de commodités comme le pétrole, a bondi… De plus en plus d’argent se dirigeait dans le secteur… et toujours plus de projets voyaient le jour… En plus, les prix continuaient à grimper de jour en jour…

En 2012, le marché à changé de direction. Au cours d’une décennie, les marchés avaient investi à fond sur les métaux… et la quantité de métaux sur le marché avait grimpé d’année en année.

Au bout d’un moment, l’offre a commencé à surpasser la demande… et les prix ont commencé à baisser. Nombre de projets nécessitant des prix pour l’or de $1,900 l’once ou plus voyaient tout à coup leur financement s’évaporer.

En 2014, la maladie a atteint le pétrole… l’investissement en masse au cours des années 2000 avait décuplé la production de pétrole dans le monde. Au lieu de voir une situation de “peak oil,” la production avait grimpé sans cesse… Les États-Unis devenaient de nouveau le producteur de pétrole #1 du monde (l’Arabie Saoudite leur avait pris le titre dans les années 80).

Comme pour l’or et les métaux, le prix du baril de pétrole a dégringolé… perdant environ la moitié de sa valeur sur 1 an.

Pourquoi les actions dans les mines d’or ont tendance à décevoir…

Après la découverte d’un gisement d’or, l’explorateur va en général le vendre à un minier…

Les miniers subissent la pression des financiers afin “d’optimiser leur valeur.”

Lorsque le prix de l’or grimpe, les financiers font pression sur les miniers de prendre de plus en plus de risques… d’emprunter toujours plus d’argent… et d’aller développer de plus en plus de mines…

Lorsque l’or grimpe, les marchés cherchent à profiter de l’ascension du prix du métal… Donc, en déployant un maximum de capitaux à l’exploitation de gisements, le minier s’assure de générer un maximum de profits grâce à la hausse des prix…

Les financiers les encouragent à prendre des risques… En effet, plus il se positionne pour profiter de la hausse du prix, plus ses actions peuvent grimper en réponse…

Par contre, à l’inverse, le minier risque gros si les prix des métaux ne répondent pas aux attentes… Or, tôt ou tard, les prix changent de direction… et la prise de dettes lors de la hausse du marché mène alors à la catastrophe…

La pression des financiers pour “s’exposer” à la hausse du prix de l’or garantit plus ou moins la catastrophe… et nombre de miniers, comme Barrick ou autres, ont vu leur valorisation s’effondrer sur 5 ans…

Bref, le jeu de la finance pousse les miniers à prendre un excès de risques lors de la hausse des prix… et, à l’inverse, de “geler” leurs activités lorsque les prix baissent…

À terme, au lieu de l’aider à profiter de la hausse du prix de l’or, les actions dans les miniers l’assurent d’en sortir avec des pertes…

Une entreprise à prendre en compte pour investir dans le secteur de l’or…

Presque toutes les actions dans le secteur de l’or ont décroché de 2012 à aujourd’hui… des “grands” faisant des milliards d’euros de valorisation, aux “petits” valant moins de 10 millions.

Par contre, l’un des participants au secteur — un concurrent des financiers de Wall Street — a continué à voir grimper son prix, malgré l’effondrement du secteur…

L’entreprise, du nom de Franco-Nevada, a aidé nombre d’entreprises dans le secteur à se financer, sans les pousser à prendre un excès de risques pour profiter de la hausse des prix.

Son créateur, un Québécois du nom de Pierre Lassonde, a eu la bonté de me parler au téléphone en 2014… afin de me parler de son entreprise… faisant maintenant 15,4 milliards d’euros de valorisation en bourse.

Il m’a par exemple révélé comment, dans les débuts de Franco-Nevada, ils avaient investi autour des $2 millions dans une mine d’or… pour aujourd’hui en sortir plus d’un milliard de dollars.

Ces types de manoeuvres ont permis à Franco-Nevada de grimper encore et encore… même lorsque le secteur de l’or a dégringolé… (Son prix continue de grimper, même si le secteur a peu reprise depuis).

Si vous contemplez un investissement dans le secteur de l’or, Franco-Nevada pourrait vous intéresser… (Note: Franco-Nevada ne figure pas dans mes actifs à moi).

Sincèrement,

Henri Bonner





Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Shares