Et maintenant…?

Les supporters de Macron se rejoignent au Louvre pour célébrer la vistoire

Nous avions failli oublier qu’une élection se produisait hier… un oubli qui nous a causé un peu de fierté…

Par contre, l’élection de Macron avait un côté presque pittoresque… Nous voyions à la télé un grand nombre de gens rassemblés près du Louvre…

Bien sûr, la plupart des gens pensent que les élections présidentielles ont des enjeux réels pour leurs propres vies…

En effet, la plupart des gens vivent dans le mythe et la fiction… ce qui est un aspect normal de notre nature.

Dans son livre Homo Sapiens sur l’histoire de l’homme, Yuval Harari donne sa théorie pour expliquer pourquoi l’homme dépasse autant les autres animaux : le pouvoir du mythe.

Selon Harari, les hommes se racontent des mythes et des fictions, et ces histoires permettent aux gens de vivre et travailler ensemble en tant que sociétés.

Grâce à ces mythes, nous voyons clairement notre place, notre valeur, et notre rapport avec les autres.

Quand vous y réfléchissez, la plupart des sciences, et même les théories mathématiques sont des formes de récits et de fictions…

De même, les théories économiques sont des fictions, des récits pour expliquer comment marchent les choses…

Voilà pourquoi les gens vont devant le musée du Louvre, dans la pluie, parce que “leur candidat” a gagné…

Bien sûr, toutes les fictions ne sont pas égales les unes aux autres… mais les fictions “du jour” ont tendance à suivre plus ou moins ce qui convient le mieux aux intérêts matériels des gens qui les adoptent…

Ainsi, quelqu’un qui gagne le SMIC pense probablement que les entreprises devraient être forcés à payer plus pour le même travail… et quelqu’un qui arrive à l’âge de la retraite pense que l’État devrait augmenter les pensions.

De même, ce n’est pas surprenant si les salariés s’opposent à la fin des 35 heures… ou qu’une grande entreprise établie demande à l’État de le favoriser aux dépens des nouveaux arrivants.

Comme vous pouvez le voir facilement, presque tous les instincts de l’homme en matière de politique sont pour sa propre préservation et la destruction de ses ennemis.

Dans le domaine de la politique, le pouvoir des mythes et des fictions peut prendre une envergure méchante, cruelle, et même meurtrière…

Pensez par exemple aux dizaines de millions morts en Union soviétique — victimes de famines artificielles causées par l’État communiste.

Cependant, les mythes et les fictions sont également des outils qui nous ont permis d’effectuer de grandes avancées technologiques… et permettent également l’épanouissement personnel…

Songez par exemple au sentiment de satisfaction intense lorsque vous avez l’impression d’avoir enfin “compris” quelque chose sur votre vie…

Dans la science, vous pensez peut-être que ce ne sont que les données et les chiffres qui comptent, mais les fictions sont finalement ce qui permettent de donner du sens aux observations… et de les rendre abordables et accessibles…

Voilà ce qu’en dit un professeur d’astrophysique à l’Université de Duke, aux États-Unis:

“Il existe un lien incontournable entre la science et les idées qui émergent dans la fantaisie humaine et la science fiction. Les auteurs de science fiction sont inspirés par des découvertes scientifiques réelles, mais se laissent la liberté d’imaginer l’effet de ces découvertes et de leur portée sur la société, au point de s’écarter parfois des faits concrets… Les scientifiques, à leur tour, trouvent souvent leur inspiration dans les possibilités imaginées dans ces mondes fictifs, bien qu’ils soient obligés de suivre les règles physiques du monde réel.”

Voyez là l’effet positif des mythes et des récits… Voilà le pouvoir des idées: Ils peuvent réellement changer le monde…

Nous donnons tellement d’importance aux mythes que nous pouvons devenir très énervés par des mythes que nous pensons “faux” ou malveillants…

Nous savons instinctivement que les mythes ont des conséquences pour le monde réel…

Parfois, ces mythes peuvent être positifs… Selon Simon Sinek, auteur du best-seller “Commencer Par Pourquoi,” de grandes entreprises comme Apple parviennent à dépasser leurs paires parce qu’ils ont un sens plus fort de leur identité et de leurs objectifs…

Comme l’explique Sinek lors d’une “TED Talk” sur les leaders les plus efficaces:

“Chaque personne, chaque organisation autour de la planète sait ce qu’il doit faire, à 100%. Certains savent comment s’y prendre, c’est-à-dire qu’ils connaissent la valeur unique de ce qu’ils font par rapport à leurs paires.

“Mais très, très peu de gens ou d’organisations savent la raison pour laquelle ils font leur travail. Cette raison, ce n’est pas ‘pour gagner de l’argent.’ Cela est un résultat. Mais quelle est la raison, l’objectif, la croyance qui se trouve derrière? Pourquoi est-ce que votre organisation existe? Pourquoi est-ce que vous vous levez le matin? Pourquoi est-ce que c’est important?

“Le résultat de ne pas se poser ces questions est que nous devenons réactifs — nous agissons en réponse aux messages qui nous viennent de l’extérieur. Nos idées deviennent flous. Mais les grands leaders, et les organisations vraiment innovantes — quelque soit leur taille, ou leur secteur — réfléchissent et agissent à partir de leurs propres idées, et communiquent leurs idées vers le monde extérieur, plutôt que l’inverse.”

Bref, se laisser prendre aux mythes nous permet d’être plus productifs, plus performants, plus innovants, et d’avoir des idées plus solides, et plus claires.

Nous avons, pour cela, besoin de cultiver nos propres idées… car sinon, nous devenons réactifs aux idées externes…

Au lieu de nous demander de vraies questions, et essayer d’avoir de réelles idées, nous essayons de dire ce que pense tout le monde.

Nous perdons toute capacité de réflexion et d’innovation réelle…

Une confession, cher lecteur :

Lorsque nous entendons quelqu’un affirmer les idées ou les opinions que nous pouvons lire dans les journaux, ou écouter à la télé, ou voir sur notre Homepage sur Facebook, nous savons tout de suite que nous perdons notre temps…

Hélas, la plupart des gens semblent tomber dans cette catégorie, du moins sur certains sujets.

Lorsque la pression des mythes externes prend le dessus, vous êtes fichu…

Vous ne pouvez plus réfléchir, plus penser, plus communiquer…

Bien sûr, tout comme un tatouage proéminent, cela vous permettra peut-être de vous mélanger plus facilement à certains groupes… mais pour un prix.

Quel prix ?

Vraisemblablement, si vous pensez les mêmes choses, et si vous avez les mêmes idées que tout le monde, alors vous n’allez sans doute pas aller bien plus loin que “tout le monde.”

Vous n’allez pas faire des choses bien différentes de toute le monde, et vous aurez les mêmes résultats qu’eux.

Évidemment, pour beaucoup de gens, cela ne pose aucun problème…

Ce qui explique sans doute pourquoi la plupart des gens voient d’un mauvais oeil toutes les idées qui leurs paraissent “radicales…”

Que faire… ?

Bien sûr, les idées possèdent une puissance que vous ne devriez pas sous-estimer… mais ne sont pas, finalement, le “dernier mot” forcément…

Après tout, le concept des ordinateurs personnels n’était rien de nouveau… et beaucoup de personnes intelligentes auraient pu imaginer le concept… donc la différence ne vient pas seulement des idées…

L’auteur Malcolm Gladwell explique dans son livre “Outliers” que les gens qui ont des succès démesurés culminent souvent des talents particuliers avec des circonstances spécifiques…

Par exemple, il explique qu’un nombre significatif de personnes qui ont fait des méga-fortunes dans les ordinateurs sont nés à quelques années d’écart (entre 1952 et 1958), arrivant à l’âge adulte pile à l’heure où la technologie permettait de vendre des ordinateurs aux masses.

Regardez les dates de naissances de certains des hommes qui ont fait les plus grandes fortunes dans les ordinateurs

  • Bill Gates, Microsoft: Octobre 28, 1955
  • Steve Jobs, Apple: February 24, 1955
  • Bill Joy, SUN: November 8, 1954
  • Scott McNealy, SUN: November 13, 1954
  • Eric Schmidt, Google & Novell: April 27 1955
  • Paul Allen, Microsoft: January 21, 1953
  • Steve Balmer, Microsoft: March 24, 1956
  • Vinod Khosla, SUN: January 28, 1955
  • Andy Bechtolsheim, SUN: September 30, 1955

Bien sûr, ce n’est pas là une liste exhaustive des gens qui ont fait des milliards dans l’informatique. Vous n’y avez pas Mark Zuckerberg de Facebook (né 1984), ou Elon Musk de Tesla (1971), ou bien d’autres.

Par contre, vous pouvez presque toujours trouver le même argument… Ces milliardaires ont eu un succès immense, en partie, parce qu’ils sont arrivés dans un secteur qui était sur le point d’exploser, et y ont pris une place proéminente pile à temps.

Qu’est-ce que cela veut dire pour nous ?

Autour de nous, dans les médias, nous entendons souvent parler de “nouvelles innovations” qui vont changer le monde… Un jour, vous lisez que l’intelligence artificielle va tout changer… un autre, que les drones vont s’occuper de tous nos besoins… que les voitures vont rouler sans conducteur… ou que les “imprimantes 3D” vont produire une révolution dans l’industrie.

Cependant, gagner de l’argent dans ces domaines est pratiquement impossible…

Lorsqu’une innovation est mentionnée dans les médias, cela veut dire que l’investisseur moyen s’y intéresse… et ce ne sont plus vraiment des innovations “nouvelles.”

Vous faites fortune lorsque vous repérez un secteur, ou une idée, avant qu’elle ne commence à paraître dans les grands médias.

Bien sûr, vous pouvez toujours avoir des exceptions… mais pensez par exemple aux différents “faits” qui allaient changer le monde ces dernières décennies… de la fusion nucléaire… à la robotique… à la biotechnologie… aux voitures volantes…

Cela fait 15 ans que nous sommes censés n’utiliser plus que des panneaux solaires et des éoliennes pour subvenir à nos besoins en électricité… mais cette réalité est toujours hors de portée.

Bref, si vous voulez vous situer à l’épicentre d’une explosion innovante, vous êtes obligé de travailler très dur… vous ne pouvez pas vous fier aux modes.

Ici, à la Lettre Stratégie et Conseil, nous suivons les nouvelles de près… mais notre réseau de contacts et d’analystes nous permet aussi de nous tenir au courant de technologies, d’innovations, ou de situations financières qui n’apparaissent pas encore dans les journaux…

Nous ne vous avons pas encore donné le moyen d’accéder à ce genre de recherches… mais nous sommes en ce moment en train de travailler sur un projet qui pourrait donner à certains de nos lecteurs la chance de découvrir les dernières idées potentiellement “radicales” que nous avons découvertes.

Nous aurons plus d’informations sur ce sujet dans un prochain message…

À suivre…

Sincèrement,

Henri Bonner

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