Un “Château” de Dettes… avec des Trous à la Toiture…

Une “orangerie” du château sert maintenant de salle de réunion… avec des vitres donnant sur un parc à l’Anglaise… avec des statues, des pins et des cèdres… et une vue donnant sur le village près du château…

Dans le temps, un monde de fermiers et de domestiques habitaient les bâtiments autour du château… Formant une communauté, vivant grâce aux moissons de grains, et des élevages de porcs, de vaches, ou de brebis… Comme dans la plupart des châteaux de Normandie, le domaine disposait aussi d’un verger de pommiers pour faire du cidre…

Avec le temps, les descendants ont vendu, lot par lot, les terres du domaine, laissant le château avec quelques bâtiments de fermes — plus ou moins en état d’abandon –, plus quelques champs aux alentours, aujourd’hui en fermage avec un agriculteur du coin… Des raisins poussent le long des murs de la basse-cour…

Courtomer dispose en plus d’une glacière, datant du 16ème ou avant — un dôme en pierre par-dessus un bassin descendant dans le sous-sol… Le château accueille aussi sur ses terres un temple (l’équivalent d’une église pour les Protestants), ayant survécu aux guerres de religion sous couverture de servir comme pigeonnier…

Courtomer pourrait servir comme avertissement aux “grands” et aux ambitieux… À ses origines, les châtelains disposaient de revenus des terres pour soutenir le maintien et la main d’oeuvre pour garder le lieu en état…

Avec l’envolée du prix de la main d’oeuvre, l’exode des gens vers les villes, et le déclin des revenus provenant de l’exploitation des terres, les châtelains partout en France ont commencé à abandonner leurs demeures… laissant des fissures se former dans les murs, la peinture s’effriter, les tuyauteries se dégrader, et — dans l’extrême — les toits s’effondrer et les demeures se perdre.

Partout en France, l’abandon des demeures et châteaux témoignent des changements au sein de l’économie au cours des siècles…

La dégradation et la ruine attend en général les constructions, les projets, et les investissements dont l’intérêt disparaît… dont l’économie ne favorise plus le maintien et la valeur…

Les changements au sein des économies laissent dans leur sillage des usines ou des immeubles à l’abandon… Tous les projets demandent du maintien et de l’investissement…

Les centrales fonctionnant au nucléaire demandent des dizaines de milliards à maintenir en France… mais le nucléaire perd la compétition avec le pétrole et le gaz en efficacité…

Comme les châteaux des seigneurs de l’Ancien Régime, ces centrales pourraient s’éteindre et partir à l’abandon… comme les usines après le départ de l’industrie vers la Chine, la Slovaquie, ou la Pologne…

Les éoliennes et le solaire se verront peut-être partir à l’abandon dans la décennie à venir… lorsque les subventions ne suffisent plus à les maintenir en vie… ou des nouveautés dans le domaine du “renouvelable” viendront prendre leurs allocations et soutiens.

Attention aux “Projets” et aux Fantaisies…

Chacun fait de son mieux pour utiliser à profit ses talents et ses ressources… Un mathématicien cherchera à résoudre ses problèmes par des calculs. Un ingénieur cherchera à les systématiser. Un artiste cherchera des images pour les décrire…

Le progrès se fait en général par l’erreur et l’essai… mais, parfois, ces essais durent plus d’une génération… et les projets d’aujourd’hui peuvent devenir les problèmes des enfants.

EDF a fait en sorte de forcer le nucléaire sur la France… mais ces centrales représentent un désastre pour les finances du pays…

L’individu fait faillite, ou s’arrête, lorsque ses erreurs lui coûtent de l’argent… mais les États et les dirigeants ne doivent pas se plier aux règles de l’économie…

Les autorités à Paris cherchent à s’attirer les JO de 2024… malgré les gâchis et les désagréments résultant des JO à travers les années… de Rio à Beijing…

Parfois, ces projets créent des problèmes de passage… et parfois ils s’insèrent dans la vie du pays pendant des décennies ou des siècles…

Les bien-pensants de nos jours mettent au point des protections pour une panoplie de groupes et de minorités… des protections pour les ouvriers… des droits aux syndicats…

…et ces bien-pensants laissent à l’avenir se préoccuper des effets et des conséquences de ces “projets…”

Si l’avenir n’a pas les ressources pour payer, alors, comme un château sans propriétaire, le toit s’effondre…

Que faire…?

Dans le monde de la finance, la dette représente une demande de capitaux pour l’avenir…

À l’avenir, les investisseurs, les contribuables, et les ménages vont devoir payer pour une panoplie de projets et d’idées…

Notre dette d’État représente plus de 2.000 milliards d’euros… En y ajoutant les dettes des ménages et des entreprises, la dette en France arrive à hauteur de 5.000 milliards d’euros…

Ce “château” de dettes continue à perdurer tant que le monde du présent répare les toits, repeint les murs, et bouche les trous dans la plomberie…

…mais lorsque les héritiers de la dette commenceront à se rendre compte de coût de cet endettement… de la charge à porter en essayant de la maintenir à flot… alors, peut-être, préféreront-ils s’en débarasser…

Bref, tant que notre dette coûte peu cher — grâce aux taux à près de 0% de nos jours –, alors la masse devrait continuer à croître, sans trop poser de problème…

Par contre, le jour d’une remontée de taux, la dette pourrait voir céder ses fondations…

Attention devant…!

Sincèrement,

Henri Bonner





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