BNP tire des revenus…

Mieux vaut se lancer dans l’écriture, pour éviter de trop se “prendre la tête…” et surtout, parce que nous ne savons pas exactement où cela va mener. Peut-être qu’aujourd’hui, nous tomberons sur une pensée intéressante. Nous verrons.
En tout cas, comme nous l’avons mentionné hier, le secteur financier s’attendait à recevoir une bonne nouvelle de la part de BNP Paribas aujourd’hui… et la première banque française n’a pas déçu.

L’Express:

Le groupe BNP Paribas a fait état mercredi d’un premier trimestre solide et fait mieux qu’attendu, profitant d’un net redémarrage de ses activités de marché qui lui ont permis de surmonter les affres de l’environnement de taux bas.

De janvier à mars, le groupe bancaire français a dégagé un bénéfice net en hausse de 4,4% sur un an, à 1,89 milliard d’euros, et ainsi largement surpassé les attentes des analystes qui tablaient en moyenne sur un bénéfice en repli aux alentours de 1,56 milliard.

D’où viennent ses nouveaux revenus…?

Comme le cite L’Express, ce sont les “activités de marché.”

Nous avons jeté un coup d’oeil aux données émises par la banque aujourd’hui…

Malheureusement, BNP n’a pas encore émis de rapport annuel pour 2016, alors nous avons seulement les chiffres bruts, sans commentaire.

BNP prévoit de commenter ses résultats dans un webinaire cet après-midi, ce qui nous donnera peut-être d’autres informations…

Cependant, nous pouvons voir dans leurs résultats que les “bonnes nouvelles” pour la banque ne viennent pas des branches BNP que vous avez au coin de votre rue… mais des branches internationales basées surtout en Asie, aux États-Unis ou à Londres.

En fait, leur activité “domestique,” comme les banques de détail ou le crédit aux consommateurs, a reculé de 0,3% au premier trimestre…

Leur croissance et leurs profits viennent de leurs branches “International Financial Services,” qui a grimpé de 5,8% en chiffre d’affaires, et de “CIB,” qui a grimpé de 20%.

Ces deux branches ne sont pas les banques de détail que vous connaissez, mais des banques d’investissement… Leur activité principale est d’aider les entreprises à lever des fonds, en trouvant des acheteurs pour une nouvelle émission d’actions ou d’obligations, une activité qui est fortement rémunératrice, lorsque les temps sont bons.

Une banque d’investissement peut générer des centaines de millions de revenus en organisant une transaction de ce genre, sans avoir à prendre elle-même de risque…

Voilà la raison pour laquelle le “risque” des actifs chez BNP n’a pas augmenté alors que ses  revenus ont grimpé… La banque a servi d’intermédiaire seulement.

Cependant, ces types de transactions peuvent disparaître, surtout lorsque les marchés sont tendus… Les investisseurs prennent peur et les entreprises ont tendance à réduire leurs émissions de dettes, ou d’actions.

Comment les entreprises financière résistent aux hauts et bas dans les marchés
Dans le domaine de la finance, vous avez des va et vient.

Un rapport publié par la Banque de France explique que, depuis les années 1980, le nombre d’établissements financiers en France a dramatiquement baissé.

De nombreuses banques ultra-spécialisées se sont agglomérées en entités massives telles que BNP Paribas, qui font non seulement de la banque de détail, mais aussi les restructurations d’entreprises, le conseil, l’émission de dettes, et autres services banquiers.

L’avantage de cette agglomération est qu’elle permet de distribuer le risque à travers différents types d’activités… Lorsqu’un certain type d’activité baisse, un autre grimpe.

Nous voyons la même chose dans d’autres industries… tel que le pétrole.
Un méga-producteur pétrolier tel que Total, par exemple, regroupe des activités d’exploration, de financement, des puits de pétrole, des activités de transport pétrolier, de la raffinerie, et de la vente au consommateur.

En gros, une entreprise comme Total peut générer des revenus à toutes les étapes entre la découverte d’un gisement de pétrole et lorsque vous faites le plein à la station essence.

De même, BNP Paribas possède un grand nombre de branches financières qui sont censées se compenser mutuellement.

Mais parfois, quelque chose de fondamental change… et même les plus grands et les plus stables tombent.

 

Gibert Joseph, la fameuse librairie parisienne, coule rapidement…

 Nous venons d’apprendre que Gibert Joseph a repris son entreprise “rivale,” Gibert Jeune…

Nous avons décidé de jeter un coup d’oeil aux chiffres d’affaires de Gibert Joseph… (comme tout le monde le sait, les temps sont durs dans le domaine du livre papier).

Sans surprise, nous y avons découvert des résultats financiers en baisse…

Son chiffre d’affaires est passé de…

114 millions d’euros en 2014…

à 55,8 millions d’euros en 2016.

Bien sûr, Gibert Joseph n’a rien de particulier… toutes les librairies dans le monde développé sont en recul…

Barnes and Noble, le plus grand libraire américain, est passé de $5,4 milliards de chiffre d’affaires en 2012… à $4,16 milliards en 2016.

À la place, les gens achètent des livres directement sur internet, par des services tels que Amazon ou autres, ou téléchargent même leurs livres en version numérique.

Bref, toute entreprise peut être victime d’un changement fondamental, inattendu, qui remet en cause sa raison d’être.

Quel genre d’événement aurait cet effet sur le secteur bancaire?
Sans doute qu’une crise financière suffisamment forte, comme en 2008, mais sans la capacité des États à sauver les banques en danger, aurait l’effet de transformer fondamentalement le secteur financier mondial.

 

Que faire?

D’autres experts croient que le secteur bancaire survit grâce à l’action du gouvernement…

Et que notre système financier actuel représente une façon pour une minorité de gens bien-connectés de pomper la richesse de la majorité…

Vous savez peut-être que je travaille avec un collègue, le Dr. Philippe Herlin.

Voilà une partie de ce que le Dr. Herlin m’a envoyé récemment. En gros, il explique que les “plans de sauvetage” implémentés en 2008 servent uniquement à redistribuer à prendre vos épargnes et les redistribuer vers les participants dans le monde financier:

Aux Etats-Unis, au Japon et en Europe, les banques centrales ont décidé depuis la crise de 2008 d’abaisser leurs taux directeurs à 0% environ. A cela se rajoute des politiques « d’assouplissement quantitatif » consistant à acquérir d’importantes quantité d’obligations d’Etat, pour faciliter le financement du déficit budgétaire, ainsi que des obligations privées.

La baisse des taux de la Fed à partir de fin 2001 pour « relancer la croissance», selon la formule consacrée, après l’éclatement de la bulle Internet en 2000 et les attentats du 11 septembre 2001, a généré une bulle du crédit et un boom des prix de l’immobilier, accélérés par l’innovation que représentaient les subprimes. Après l’éclatement de cette bulle lors de la crise de 2008, la politique des taux bas a été maintenue.

Le résultat, nous le voyons, aboutit à un écrasement de la courbe des taux. Cependant, ce taux à 0% ne vaut pas pour tout le monde mais uniquement pour les grandes banques qui se refinancent auprès de la banque centrale, pour les Etats qui se financent à ce taux et pour les multinationales qui peuvent émettre des obligations sur les marchés.

En d’autres termes, ceux qui savent manier les taux d’intérêts s’enrichissent. La population générale non.

Si ce phénomène s’accélère, comme le prédit le Dr. Herlin, attendez-vous à ce qu’il devienne toujours plus difficile de sortir votre argent de la banque, ou de votre assurance-vie.
Après tout, ce “vol” ne fonctionne que si les épargnes des Français demeurent dans le système.

Vous pourriez commencer à sortir votre argent progressivement, sous forme de liquide, si vous avez un endroit sûr où le mettre (surtout, ne le dites à personne!).

Vous pouvez faire de même avec de l’or, au cas où le gouvernement décide d’interdire l’argent liquide.

Sincèrement,
Henri Bonner

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