Aie..crédit agricole plonge..

Aujourd’hui, des “bonnes nouvelles” pour Crédit Agricole… mais son cours en bourse a chuté de 1,4% ce matin.

Plus d’infos sur cela dans un instant…

Mais d’abord:

Nous avons reçu quelques réponses sur notre mail d’hier…

Chacun a son explication “du problème” de la France.

Un lecteur écrit que le problème vient de “l’anarchisme de la petite-bourgeoisie…”

…bon.

Et pourquoi pas?

Le fameux auteur Thomas Piketty a vendu 2 million de livres en affirmant que le problème était “trop de revenus pour les investisseurs.”

Et les autorités sont d’accord avec lui:

En 2013, le gouvernement de Hollande a doublé la taxe marginale sur les plus-values mobilières (le profit que vous réalisez en vendant une action en bourse).

Dans notre mail d’hier, nous décrivions certaines dérives sous l’Ancien Régime.

Depuis, notre pays a beaucoup changé… et l’État a changé sa manière de récolter des revenus.

Au 18ème, l’État taxait sévèrement les paysans, en particulier.

Pourquoi s’en prenait-il à eux?

Un paysan était facile à dévaliser:

Sa production, le grain, était aisée à arracher de force. De même pour d’autres denrées ultra-taxées sous l’Ancien Régime, comme le sel ou le tabac.

Les autorités prenaient ce qui était le plus facile à prendre, comme le grain ou la farine.

Taxer le “produit” d’un banquier, par exemple, est bien plus compliqué…

Son “produit” — les emprunts — ne sont pas faciles à exproprier. Que faire avec des crédits immobiliers? Quelle valeur ont-ils?

En plus, le financier malin redéploie constamment ses bénéfices en créant de nouveaux emprunts.

Ainsi, il ne possède pas un tas d’actifs “liquides” comme le grain ou le sel.

Et si vous lui arrachez ses créances, est-ce que les débiteurs vont vous payer? Ont-ils une obligation de vous payer?

Bien sûr, vous pouvez les y obliger… mais cela devient vite compliqué…

Autant prendre les biens du paysan, qui est pratiquement sans défense, et qui de plus ne peut pas aller faire de “démonstration” en ville — il doit rester surveiller sa ferme et ses champs.

Au cours des 4 dernières décennies, la plupart des industries “physiques” comme l’agriculture, l’automobile, ou les ordinateurs, ont quitté les pays “développés” pour se réinstaller ailleurs…

Mais l’État a trouvé un autre moyen de s’emparer des biens de l’homme moyen…

À partir des années 1970, les autorités ont exploité un nouvel outil leur permettant de s’emparer de la richesse “intangible” dans l’économie… détournant les épargnes privées à son propre compte.

Ils ont commencé à créer de la dette — beaucoup de dette:

Toute cette dette s’est répandue dans le système financier et dans l’économie productive…

Et en pratique, l’État n’a jamais eu besoin de les rembourser…

D’environ 1980 à aujourd’hui, le monde a bénéficié d’une tendance spéciale…

Les taux d’intérêts ont baissé, passant de 10% environ en 1980 à près de 0% aujourd’hui.

Le gouvernement français a profité de cette tendance pour émettre plus de 2 000 milliards d’euros de dettes…

Où Cela Nous Met Aujourd’hui

Dans les journaux de ce matin, Crédit Agricole annonce de “bons résultats…” Le groupe a augmenté ses bénéfices de presque quatre fois sur un an.

La Tribune:

“L’entité cotée du groupe bancaire mutualiste a dégagé un bénéfice net part du groupe de 845 millions d’euros, multiplié par 3,7 par rapport au premier trimestre 2016…”

Mais regardez ces chiffres d’un peu plus près, et vous verrez que:

Crédit Agricole, comme BNP Paribas, ne génère pas ses nouveaux revenus grâce à ses activités “classiques” — émettre des emprunts adossés aux épargnes de leurs clients.

À la place, Crédit Agricole profite de revenus grâce à la hausse dans les marchés-actions…

“L’activité de marchés (le pôle « Grandes clientèles ») a clairement tiré les revenus : elle représente la moitié de la hausse du produit net bancaire, qui s’est élevé à 4,7 milliards d’euros (+14% en données sous-jacentes et +23,7% en publié). Comme les autres grandes banques, le Crédit Agricole a profité du boom des marchés boursiers, dopés par l’effet Trump, et gagné du terrain dans plusieurs domaines.”

Pendant ce temps, le Crédit Agricole voit son activité de banque “classique” souffrir des taux d’intérêts ultra-faibles…

Dans son rapport trimestriel, la banque explique que:

« Malgré la remontée des taux d’intérêt longs en zone euro à partir du quatrième trimestre 2016, qui les a portés à des niveaux plus élevés qu’au premier trimestre 2016, ces niveaux restent bas et la partie courte de la courbe est restée en territoire négatif.

“Cette faiblesse des taux continue de peser sur la marge d’intérêt des activités d’intermédiation, notamment la banque de proximité en France et en Italie.”

Voilà le problème:

Tant que les taux baissaient, l’État pouvait émettre sa dette sans problème…

Mais aux taux actuels, les banques ne génèrent plus de profits (sur les banques de détail)…

Mais si les taux montent, l’État va devoir rembourser ses dettes…

Personne ne voudra de ses 2 000 milliards d’euros de dettes actuelles, payant des taux ultra-faibles.

Voilà pourquoi la BCE rachète en ce moment la dette au rythme de 80 milliards d’euros par mois…

Ils ne veulent pas que les taux grimpent…

Mais tôt ou tard, quelque chose doit craquer.

La prochaine étape…

Depuis Lundi, le CAC 40 n’a pas bougé… malgré ces “bonnes nouvelles.”

Quelque chose ne va pas…
À mon avis, si la bourse ne se remet pas à grimper, la BCE va s’inquiéter… Tôt ou tard, ils vont commencer à acheter des actions en bourse.

La Banque du Japon a déjà commencé sur ce chemin… Dans quelques années, ils auront acheté la majorité des actions en bourse du pays.

Pour rappel, le CAC 40 a gagné 75% en 5 ans…

BNP, Crédit Agricole, Société Générale… ils ont tous profité par le biais des “activités de marché…”

Et la hausse des actions tire les créances privées vers le haut…

Mais sachez ceci:

Tout cela fonctionne parce que nous avons des taux de moins de 1% sur nos dettes…

Mais pour combien de temps…?

Histoire à suivre…

Que faire…?

Hier, nous donnions le “conseil” d’un conseiller financier fictif…

“Achetez le VIX,” dirait-il…

“Grâce à cet indice, vous serez protégé si le marché ‘se pète la gueule.’”

Bon…

Bien sûr, vous avez un grand nombre d’outils… comme les options… la vente à découvert… l’achat de monnaies étrangères…

Mais tout cela coûte de l’argent.

Si vous voulez une solution “low-cost,” vous pouvez envisager d’avoir de l’or, de l’argent métal, ou une monnaie électronique telle que le Bitcoin…

Non, nous ne savons pas si le Bitcoin va grimper ou baisser… mais, comme l’or, le Bitcoin n’est pas géré par une banque centrale… et pourrait continuer à être utilisé si notre monnaie disparaît.

À court terme, par contre, le conseiller a raison:

Le VIX est très faible.

Cela signifie que le prix des options est relativement abordable… Une “option,” pour rappel, vous donne le droit d’acheter ou de vendre une action pour un prix défini.

Vous pouvez donc “acheter” une option sur Crédit Agricole vous donnant droit de vendre vos parts à 13 euros dans les 6 prochains mois.

L’action de Crédit Agricole est à 14 euros en ce moment.

Disons que l’action s’effondre à 10 euros. En ayant l’option “vendre à 13 euros,” vous subirez la perte de 14 à 13, mais pas de 13 à 10.

Cela vous paraît compliqué?

15 millions de Français s’en servent, mais sans le savoir.

En effet:

Si vous avez une assurance-vie, votre assureur vous garantit un retour annuel minimum.

Votre gérant de fonds peux vous faire cette garantie parce qu’il achète des options qui limitent ses pertes (mais il vend aussi des options, ce qui limite ses gains).

Bref, si vous avez une assurance-vie, vous avez déjà une stratégie “sophistiquée” (et coûteuse).

Nous aimons l’idée de l’or pour son côté “low-cost” (sauf bien sûr le prix d’achat).

À suivre.

Sincèrement,

Henri Bonner

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